La Littérature au prisme de la photographie

Un numéro de la revue Textyles dirigé par Pierre Piret et Nathalie Gillain.

Parce qu’elle interroge la perception et les conditions de la visibilité, qu’elle permet une captation technique de la réalité, la photographie a bouleversé les arts et la littérature, en faisant advenir de nouvelles valeurs et de nouveaux enjeux esthétiques. Tel un prisme révélant par diffraction la composition de la lumière blanche, elle a conduit artistes et écrivains à revenir aux fondamentaux de leur pratique. Ce prisme compte de multiples facettes : il n’impose pas un modèle unique, mais se prête à des appropriations très diverses et toujours révélatrices d’une époque et/ou d’une esthétique données.
Traversant l’histoire de la littérature belge francophone, évoquant plusieurs des grands mouvements qui la structurent, ce numéro met en lumière l’historicité du « prisme photographique » et dégage quelques-unes des grandes questions que le modèle photographique a suscitées depuis un peu plus d’un siècle et demi.

Retrouvez les articles de ce numéro, sur le site de la revue,  ou commandez-le.

« tous les photographes ont des manies ridicules »: un article de François Bon

 » Je voudrais bien avoir ton portrait. C’est une idée qui s’est emparée de moi. Il y a un excellent photographe au Havre. Mais je crains bien que ce ne soit pas possible maintenant. Il faudrait que je fusse présent. Tu ne t’y connais pas, et tous les photographes, même excellents, ont des manies ridicules ; ils prennent pour une bonne image une image où toutes les verrues, toutes les rides, tous les défauts, toutes les trivialités du visage sont rendus très visibles, très exagérés ; plus l’image est DURE, plus ils sont contents. De plus, je voudrais que le visage eût au moins la dimension d’un ou deux pouces. Il n’y a guère qu’à Paris qu’on sache faire ce que je désire, c’est-à-dire un portrait exact, mais ayant le flou d’un dessin. Enfin, nous y penserons, n’est-ce pas ? « 

Charles Baudelaire, lettre à sa mère, Mme Aupick, le 23 décembre 1865.

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